La Ruche j'dis pas oui!

La Ruche qui dit oui! est un service de mise en relation entre consommateurs et producteurs locaux créé en 2011 par la société Equanum. La Ruche qui dit oui! s'est d'emblée présentée comme ayant la "même philosophie que les amap mais avec une formule plus souple" selon Benjamin Hamot, communicant de LRQDO (La Ruche qui dit oui, pour faire plus court).
​Bref, les mêmes valeurs de localisme, d'écologie, de justice, de circuit-court, mais en mieux puisque sans engagement et en 2.0 pour les commandes. Il compare, alors comparons... et voyons ce qu'est vraiment LRQDO.

Comment ça marche la Ruche qui dit oui?

LRQDO est un système composé de plusieurs acteurs.
Il y a bien sûr des clients qui veulent acheter des produits de qualité.
Il y a aussi des producteurs :  agriculteurs ou artisans transformateurs qui  veulent vendre leurs produits à un prix juste et donc passer par le circuit-court et éviter la grande distribution.

Pour mettre en relation ces deux acteurs, il y en a trois autres.
 
Le premier est le responsable de la ruche locale, la reine, la ruche locale étant le lieu où les producteurs livrent et les clients viennent chercher leur commande lors de la distribution. Cette reine est à l'initiative de la ruche qu'elle crée sous la forme d'une autoentreprise qu'elle raccorde ensuite au réseau national. C'est la reine qui recrute et sélectionne les producteurs, crée et entretient la clientèle, gére la partie locale du site web général, fournit le lieu de distribution, reçoit les livraisons et prépare les commandes quand celles-ci sont composées de produits de différents fournisseurs. Bref en fait de reine elle est l'abeille ouvrière du système LRQDO.

Le deuxième acteur est la Ruche-mama ou LRQDO. C'est le site internet créé par Equanum qui permet la mise en relation. Clients et producteurs doivent s'y inscrire et se rattacher à leur ruche locale. C'est sur ce site que les producteurs d'une ruche locale proposent leurs produits quand ils sont disponibles et que les clients passent commande. Si le nombre de commandes est suffisant, le producteur livrera la ruche locale le jour de la distribution. 

Le troisième acteur n'est pas mis en avant par LRQDO mais est inévitable dans ce modèle : il n'y a pas d'argent qui s'échange dans la ruche locale entre le producteur et le client. On paie en ligne via le site internet qui paie ensuite le producteur. Toutefois, c'est une société belge Tunz/Ogone, filiale de Belgacom (équivalent belge de Orange) qui gère tous ces flux financiers car un site internet ne gère pas directement de flux financiers.

Une fois les présentations faites, voyons maintenant si les promesses de LRQDO sont tenues.

La Ruche un circuit-court?

Sur le site de LRQDO, la promesse fondamentale est que le circuit-court est "l'ADN de LRQDO" et que "son objectif majeur (est de)  : développer les circuits-courts pour retrouver le goût des terroirs, lutter contre le changement climatique et reconnecter producteurs et consommateurs". Je suis totalement d'accord sur l'importance du circuit-court au point même que l'on peut créer un nouveau monde sur le principe du circuit-court. Toutefois La ruche qui dit oui est-elle réellement un circuit-court?
Sur son site internet LRQDO utilise et mélange deux définitions, le circuit-court français et le locavorisme américain, pour n'en suivre aucune. 
Aux EUA, ce que l'on appelle le 100 mile diet est la règle des locavores : ne rien manger qui ait été produit à plus de 100 miles, c'est-à-dire 168 km. Cette règle très vertueuse n'a pourtant rien à voir avec le circuit-court qui est une définition économique sur l'achat sans intermédiaire. L'autre définition française et économique  est  « un circuit court est un mode de commercialisation des produits agricoles qui s’exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte, à condition qu'il n'y ait qu'un seul intermédiaire.  » selon la définition légale. On considère aussi comme circuit-court quand il n'y a qu'un seul intermédiaire, par exemple quand un restaurant traditionnel ou collectif, type cantine, s'approvisionne auprès d'un agriculteur pour nourrir ses clients.

LRQDO ne correspond à aucune de ces définitions que ce soit celle du locavorisme américain ou du circuit-court français. En effet, la règle américaine des 168 km s'explique par le chiffre rond symbolique des 100 miles mais aussi par la géographie du pays. Les Etats-unis sont trop peuplées sur les côtes et il faut donc une certaine distance pour retrouver des espaces agricoles. A l'inverse, les Etats-Unis sont vides d'hommes au centre (densité aux alentours de 5 habitants par km²) et les distances sont donc souvent longues entre les humains. En France ce n'est pas le cas et un locavorisme sérieux devrait se fixer comme règle les 100km voire les 50. Albi, par exemple, ville de 51 000 habitants, envisage de s'autoalimenter complètement sur un rayon de 60km seulement. Pour LRQDO, la distance est de 250km soit un quart de la France. Une telle distance fait qu'un producteur peut faire 500km aller-retour pour livrer quelques commandes ce qui au niveau écologique est dramatique.
Un petit exercice de cartographie simple pour juger de ce localisme : sur une carte de France routière classique 250km ce sont 25 cm. Tracez un cercle de 25cm de rayon autour de votre ville : c'est l'aire d'approvisionnement de votre ruche locale. Grand, non? Pour Montluçon, vous pouvez la voir sur la deuxième image en cliquant dessus.  Des villes comme Cognac, Cahors, Valence, Annecy, Dole, Troyes, Melun, Chartres, Le Mans sont dans l'aire d'approvisionnement de la ruche montluçonnaise. Paris, Genève et Bordeaux n'en sont exclues que pour 20km de trop. Le localisme selon la ruche, c'est donc pour Montluçon  un grand cercle qui a pour bordure Paris, Bordeaux, Genève pour se faire une idée. Même si dans les faits, les producteurs viennent en moyenne de 43km selon les chiffres de LRQDO, la règle posée des 250km est insuffisante car elle ne permet pas de développer l'agriculture locale, ne respecte pas le locavorisme et ne fait en rien de LRQDO un circuit-court puisque la distance n'en est pas la définition juridique.

Dans la définition légale du circuit court déjà cité, il y a soit la vente directe, sans intermédiaire, soit la vente indirecte avec un seul intermédiaire dans certaines conditions. Il y a donc deux acteurs de l'échange dans un circuit-court, le producteur et le consommateur, voire au maximum un troisième. A LRQDO, il y a, nous avons vu,  5 acteurs : producteur, consommateur, site LRQDO pour la commande, ruche locale pour la livraison et la société belge pour le paiement. LRQDO refuse d'être présentée comme un intermédiaire (ce qui ne serait pas grave en soi) mais comme un prestataire de service. Autrement dit, il y a vente directe entre le producteur et le consommateur grâce à un service de mise en relation composé du site, de la ruche et du service de facturation. Un intermédiaire serait un acteur qui achèterait au producteur pour revendre au consommateur. LRQDO ne fait pas cela car cela serait plus risqué pour elle.

Il n'en reste pas moins que l'esprit du circuit-court : payer le producteur pour son travail et rien que le producteur pour son travail, n'y est pas du tout. En effet, le producteur doit donner un pourcentage de son chiffre d'affaire, des "frais de service" qui s'élèvent à 16,7% : 8,35% pour la ruche locale et 8,35% pour Equanum LRQDO. Est-ce juste et équitable? Puisque c'est là la question essentielle du circuit-court.
Si le service fourni est le site et l'utilisation d'un local, en quoi cette somme doit-elle être un pourcentage? Un producteur n'use pas plus le site en ayant plus de commandes et même au contraire, plus le site est fréquenté, plus il fonctionne. On aurait très bien pu imaginer pour être dans l'esprit du circuit court que le producteur paye une simple inscription ou même une somme fixe pour chaque produit proposé qu'elle que soit le montant des commandes. Sur un marché, chaque exposant paye une somme en fonction de son étal, l'agent ne passe pas en fin de marché pour prendre un pourcentage des ventes faites. L'utilisation d'un pourcentage est bien le moyen de prendre une part de la valeur du travail du paysan et non simplement des frais de services. 
Deuxième interrogation sur ses frais de service : leur légitimité. Les 8,35% qui reviennent à la ruche locale correspondent en effet à un travail et même sous-payé, nous y reviendrons, mais ceux dévolus à Ruche-Mama, ou LRQDO c'est-à-dire Equanum sont beaucoup plus contestables. En effet, le travail fourni par Equanum est le site. Or celui-ci est créé et un site de mise en relation comme celui-ci peut fonctionner seul puisque ce sont les ruches locales, les consommateurs et les producteurs qui l'alimentent eux-mêmes par leurs informations. Cela avait été montré par une association lyonnaise Covoiturage-libre  qui avait créé un site de covoiturage type Blablacar gratuit.  Le site a ensuite tourné pendant 3 ans sans que personne n'y touche mettant en relation conducteur et passager qui s'inscrivaient. Pas de travail nécessaire sur le site donc, ni sur le système de facturation qui fonctionne de même. La centaine d'employés du site se consacre principalement à d'autres tâches : développer le réseau qui compte 700 ruches en 5 ans, faire de la communication ou centraliser les données déposées par les utilisateurs, tâches qui n'apportent rien à l'échange entre producteur et consommateur et ne sont donc pas justifiées pour le circuit-court.
En final, selon un article de Michel Abhervé pour Alternatives Economiques, la société Equanum-LRQDO prend au final une commission de 4% sur chaque vente soit sur 9 millions d'euros en 2013, 27 millions en 2014. Qu'elle soit un intermédiaire ou un simple prestataire de services comme elle se définit, Equanum-LRQDO n'est donc pas du tout un circuit-court dans l'esprit puisqu'elle se développe et s'enrichit sur l'échange producteur-consommateur.

Qui fait son miel?

Les reines ouvrières ou les dindons de la farce.
Commençons par ceux et celles qui sont au centre du système LRQDO les reines des ruches locales. Nous avons vu que ce sont elles qui font la quasi totalité du travail : de la gestion des producteurs, des clients, du site web local, des distributions du local... Dans l'esprit circuit-court, tout travail doit être payé. Combien touchent ces ouvrières appelées reines? Rien de royal. 8,35% des ventes, cela dépend donc du volume échangé qui peut être très fluctuant selon les saisons et les ruches. Rien de fixe, pas de salaire alors qu'elles font vivre LRQDO. 
En moyenne selon les chiffres d'Alternatives économiques, le revenu brut de ces reines est de 400€ mensuels ce qui fait environ 300€ nets une fois déduites les 24,6% de cotisations sociales appliquées aux autoentrepreneurs (qui n'ont sans cela aucune protection sociale). Une reine fournit en moyenne 13 heures de travail par semaine ce qui fait qu'elle est en finale payée 5,8€ de l'heure soit bien en dessous du smic. On aboutit donc non pas à un emploi mais un simple complément de revenu sous-payé et fluctuant. De plus son statut est très précaire puisqu'étant autoentrepreneur, elle assume tous les risques, LRQDO n'étant pas responsable de ce qui  se passe dans les ruches. On retrouve dans ce système la même utilisation de la reine par Equanum que de ses chauffeurs par Uber. Bref ces reines fournissent tout le travail, prennent les responsabilités sans aucune assurance et sans revenu correct et sont donc bien les dindons de la farce LRQDO.

Clients et producteurs dans l'illusion.
L'illusion du circuit-court et celle d'être dans une amap en mieux comme  le présente LRQDO touchent à la fois clients et producteurs.
Tout d'abord la charte LRQDO est très large comme l'a montré son localisme de 250km. Le reste est à l'avenant : pas obligatoirement bio (on peut le choisir sur un onglet spécial) mais des "pratiques agricoles de qualité", ce qui est flou et de l'agriculture raisonnée qui est mensongère. Rien ne garantit donc la qualité même pas dans le contact avec le producteur puisque dans la plupart des ruches (malgré la charte) le seul contact du client est avec la reine qui a préparé les commandes, les producteurs ne faisant que livrer. 
Le prix est maintenant un problème puisque les "services de la ruche" coûtent environ 20% du prix, il faut bien les trouver. Soit l'agriculteur vend au même prix qu'en Amap et doit payer de sa poche ces 20%, et se retrouve donc à vendre à perte, ce qui le met en péril comme dans la distribution classique. Soit il ajoute ces 20% au prix de vente et ce sont les clients qui se retrouvent à payer plus cher réaffirmant ainsi l'idée fausse que la qualité, les petits producteurs et la proximité sont plus chers, ce contre quoi les amap luttent contre des années.
Les producteurs n'ont aucune sécurité : ils ont des commandes des fois, selon des quantités fluctuantes et tout peut s'arrêter d'un jour à l'autre si la reine trouve un autre producteur qui lui plait plus. Les producteurs se retrouvent dans une insécurité complète ce qui le problème principal dans le système agricole actuel et auquel LRQDO n'apporte rien contrairement aux amap. Le problème d'un agriculteur n'est pas que de vendre ce qu'il produit mais avant tout de produire ce qu'il va vendre c'est-à-dire d'organiser sa production sur l'année pour produire au mieux tout ce qu'il va vendre. Comment produire pour le système ruche? Sans savoir ce qui pourra être commandé, combien, quand? Fournir une ruche ne peut donc qu'être là aussi un complément d'activité pour l'agriculteur qui produit pour d'autres circuits et écoule des produits quand il a une grosse récolte. Sauf que les ruches ne veulent pas de cela. En Ile de France elles incitent les producteurs à travailler pour plusieurs ruches. Dans ce cas l'agriculteur devient encore plus dépendant du système et se tue au travail en préparation de commandes et en déplacements. 

Ainsi LRQDO illusionne producteurs et consommateurs dans un modèle qui sous des apparences amapiennes ne leur proposent en fait qu'un échange comparable aux autres circuits de distribution, peu local, peu écologique, sans aucune véritable assurance ni pour l'un ni pour l'autre.

Un petit flou dans les finances.
Si l'on en vient maintenant à l'intermédiaire financier la société belge Tunz/Ogone qui a pour fonction d'assurer les transactions financières. Le client paye au site, le site paye au producteur. Tunz/Ogone est l'intermédiaire financier d cette transaction et c'est là que le flou arrive. Les producteurs sont en effet payés dans un délai de 15 à 20 jours après la livraison alors les clients paient plusieurs jours avant la livraison au moment de la commande. Pendant ce temps, où est l'argent? que fait-il? Il est probable qu'il "fait des petits" sur les marchés financiers au profit de cette société alors que celle-ci est déjà payée pour son service (2,5% du prix de vente en ruche). Pas violemment circuit-court dans l'esprit, non?

Et le gagnant est? Equanum-LRQDO.

Les frères Partouche, gérant de la plus grande chaine de casinos en France avaient coutume de dire que si l'on voulait gagner au casino, il n'y avait qu'un seul moyen sûr : en posséder un. Voyons si dans le système LRQDO, il n'y aurait pas un gagnant principal, la société Equanum-LRQDO. 
Au départ de LRQDO, une idée développée dans l'incubateur Advancia, de l’Ecole Supérieure de Commerce de la CCI de Paris par deux personnes : Guilhem Cheron, expert en marketing et en  "design cuisine" et Marc-David Choukroun, spécialisé dans gestion de projet web. Pour faire clair, les grandes écoles de commerce parisiennes (HEC, ESSEC...) ont créé une structure permettant à des étudiants en commerce de développer leurs idées pour en faire des start-ups et trouver ensuite des financements. Ce qui est fait pour LRQDO en 2010 : la société Equanum est créée et le financement est apporté par Christophe Duhamel (dirigeant de Marmiton), Marc Simoncini (dirigeant du site de rencontres Meetic) et Xavier Niel (dirigeant de Free et du quotidien Le Monde). LRQDO a donc le destin d'une start-up comme une autre, même naissance et mêmes parrains.
Pourquoi de tels parrains investissent-ils immédiatement? Car un bon chercheur d'or a du flair. Quel est le concept de LRQDO? Aider de petits producteurs à mieux vivre et des clients à mieux se nourrir? Vous imaginez vraiment de tels financiers partir sur un tel projet. Non, le concept qui rallie tous ces financiers et animent les fondateurs est tout autre. Prendre 4% de toutes les ventes de produits qu'ils n'ont ni faits, ni même achetés pour les revendre (ce qui serait un risque) en se servant du travail sous-payé des reines et en leur faisant porter toutes les responsabilités avec en plus le petit frisson de plaisir de se faire passer pour une entreprise éthique. Bref pour parler chiffres : 0 risque, 0 investissement, 0 responsabilité, 4% des ventes. Deux choses seulement à faire : créer un site de mise en relation qu'il n'y a pas à gérer puisque clients, producteurs et reines l'abondent et créer une marque, LRQDO, et une renommée pour que les gens se jettent dessus sans même chercher à savoir ce qu'il y a dessous. Le seul travail qu'accomplit véritablement LRQDO et pour lequel elle a de véritables salariés est son propre développement qu'elle finance sur l'échange producteurs-clients. Cette volonté de croissance de l'entreprise explique d'ailleurs la faiblesse de ces exigences en termes de localisme et d'agriculture. Loin de vouloir développer une agriculture vertueuse et locale, elle veut simplement une image de qualité et trouver le plus facilement possible des producteurs pour ouvrir le plus de ruches.

Les autorités se sont elles-mêmes laissées abuser un moment puisque LRQDO a bénéficié jusqu'au 1er août 2016 du statut d'entreprise de l'économie sociale et solidaire (ESS) qui avait permis aux fondateurs de se défendre contre les attaques justifiées des amap par exemple. Ce statut tombe car LRQDO ne correspond plus au nouveau cadre légal de l'économie sociale et solidaire en raison de deux problèmes : le versement de dividendes trop importants aux actionnaires et une gouvernance non démocratique puisque producteurs, clients et même reines ne participent pas aux décisions de LRQDO. Ce déclassement justifié de l'économie sociale et solidaire permet de commencer à lever le voile sur ce qu'est LRQDO.

Le frelon asiatique au coeur de la Ruche

LRQDO n'est donc que la version agro-alimentaire de la très dévoyée économie collaborative qui consiste à ce que des plateformes de mise en relation par internet s'enrichissent du travail de précaires en surfant sur une mode apparemment éthique (Blablacar, Uber, AirBnB...). Dans tous ces systèmes, c'est justement l'entreprise centrale qui dévoie le système et transforme du collaboratif en économique au plus mauvais sens du terme, c'est-à-dire en exploitation.  Ainsi il existe des plateformes de covoiturage tenues par des associations ou des entreprises de l'ESS qui là sont vraiment du collaboratif.
On pourrait d'ailleurs corriger facilement le système LRQDO pour le rendre acceptable. Soit une plateforme internet ne dépendant pas d'une entreprise mais d'un acteur à but non lucratif type associatif ou ESS. Soit une prise d'autonomie des reines locales qui gèreraient seules leurs clientèles et leurs producteurs sans utiliser la plateforme et on aboutirait à un drive fermier, modèle déjà existant, vraiment direct et local et vers lequel devraient se diriger les clients des ruches. Le simple fait de refuser le paiement électronique dans le cadre de LRQDO assainirait déjà le système en évitant l'intermédiaire financier.
Plus généralement, LRQDO ne permet ni l'émergence d'une agriculture locale, ni d'une agriculture biologique, ni d'avancées écologiques puisque les transports sont importants par quantité de marchandises transportées. Elle permet juste un débouché complémentaire ponctuel et incertain pour des producteurs et des achats périodiques emprunts de bonne conscience verte mais sans impact véritable pour les clients. L'absence d'engagement empêche en tous cas tous les bienfaits qui existent dans le système amap qui permettent
une agriculture bio, locale et juste, qui créent une nouvelle agriculture et même une nouvelle économie fondée sur un véritable circuit-court.

Août 2016

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